En me baladant j’ai trouvé un arbre avec une forme particulière et j’ai décidé de le dessiner à ma façon.

En changeant ses couleurs pour un bleu calme et reposant, je voulais représenter l’impression de sérénité que dégageait l’arbre, tout en utilisant les marques complémentaires oranges dans les fruits pour casser le côté monochrome. Ils sont répartis dans l’arbre pour équilibrer le dessin. J’ai laissé l’arbre seul sans un fond ou d’autres arbres autour, car il captait toute l’attention dans la forêt.

Savoir raconter une histoire en une image en insérant une multitude de détails est très important dans beaucoup de domaines. Je ne devais pas rater l’occasion de faire de la narration environnementale. Étant complètement débordée par la fabrication du portfolio, c’est ce que j’ai décidé de représenter.

J’ai étudié beaucoup de références de mon propre bureau. J’ai pris une palette dominante de bleu pour retranscrire la nuit. Sur l’écran de l’ordinateur, il y a Parcoursup ouvert pour les informations, ainsi que Discord pour avoir des retours et Youtube pour la musique. La tablette montre ce même dessin au stade de l’encrage créant ainsi une mise en abime. Le chat surexcité évoque les difficultés à se concentrer et à travailler. Les post-its, le calendrier et le carnet de notes soulignent la masse de travail colossale effectuée et à faire. La lettre non ouverte représente le manque de contact avec mes proches durant le travail. Sur la tour s’entasse le travail en souffrance, surmonté du portfolio sur lequel je m’applique. Le calme bleuté du centre de l’image est peu à peu envahi par le rouge de l’urgence. La vue en plongée met en valeur les objets tout en accentuant la pression de la date butoir comme une épée de Damoclès.

Je voulais représenter le caractère d’un de mes personnages en une image.

En prenant le bleu comme couleur dominante dans l’objet et le personnage, j’utilise le fait que c’est une couleur froide pour donner l’impression d’un personnage glacial et calculateur. Mais c’est également une couleur trompeuse quand on en vient au personnage. On parle souvent du bleu comme une couleur qui apaise et représente la sérénité. Il symbolise aussi l’humilité et la paix de l’âme. Par ailleurs, le bleuté de la fleur de lys renvoie à la monarchie capétienne, la noblesse royale. Le personnage représenté est un manipulateur. Il utilise donc le côté apaisant du bleu pour arriver à ses fins tout en ayant des rêves de grandeur. Cela est soutenu par l’incrustation d’or et le bois riche et sombre sculpté, réservé aux nobles. Le trône est surplombé par un énorme saphir bleu, rappelant à la fois l’écusson de la famille de Rik et sa richesse.

En faisant mes recherches j’ai remarqué que l’on demandait de présenter des dessins qui parlent de nous et permettent de mieux nous connaitre. J’ai donc décidé de faire un autoportrait décortiquant les aspects de ma personnalité que je jugeais importants.

J’ai décidé d’utiliser le nombre d’or pour définir la base de ma composition. Les personnages les plus grands sont les plus apparents et en surface, et les plus petits plus profondément ancrés en moi. Le plus grand est Rêverie, puis Anxiété, Colère, Dessin et Histoire. Le trait d’Anxiété a été travaillé pour être omniprésent et en patte de chat. Colère est constitué de forme triangulaire, la forme active et souvent attribuée aux vilains.

Dans le cadre d’un concours du journal Spirou où il fallait réimaginer le père Noël, j’ai eu l’idée de pères Noël Youtubeurs, l’un corrompu et gangrené par le capitalisme (le père Noël rouge), qui serait le plus connu, et puis un père Noël scandinave, qui fait tout à la main, authentique, mais peu connu, Nicolas.

Nicolas porte des vêtements faits main. Il a de la peinture violette sur le visage et les mains pour montrer qu’il fait tout lui-même. Sa table est couverte de cadeaux prêts à partir. Sur la table, il n’a qu’un petit arbre sobrement décoré. Toute la décoration chez lui a l’air très traditionnelle et artisanale. Il a une liste sur un bout de papier avec marqué « Nice » dessus, pour les bons enfants. C’est un contraste avec la feuille « Naughty » du père Noël sur l’autre image. Tout est simple, mais chaleureux chez lui. Tout cela le rend sympathique.

Dans le cadre d’un concours du journal Spirou où il fallait réimaginer le père Noël, j’ai eu l’idée de pères Noël Youtubeurs, l’un corrompu et gangrené par le capitalisme (le père Noël rouge), qui serait le plus connu, et puis un père Noël scandinave, qui fait tout à la main, authentique, mais peu connu, Nicolas.

La table est couverte de sponsors, principalement Rich-Cola (clin d’œil à la légende urbaine selon laquelle le père Noël est devenu rouge à cause de Coca). Il a une liste « Naughty » sur la table, bien propre, à l’opposé de Nicolas. L’arbre gigantesque dans le fond n’a pas de pot dans lequel vivre et agonise lentement. Il y a peu de cadeaux, et ce sont des accessoires. Il y a le nom de la marque directement sur l’arbre. Tout a l’air faux et exagéré. Le père Noël porte une veste large, mais la ceinture montre qu’il est mince en dessous. C’est une veste de marque. Il est antipathique et exaspérant.

Dans le cadre d’un projet entre amis, j’ai réalisé une petite BD en incrustant un personnage original dans une histoire préexistante, dans le cas présent « Les Légendaires ». Le personnage que j’ai développé est celui aux cheveux roses, Rik. L’autre personnage se nomme Kash-Kash, c’est un roi. Rik vient lui demander quelque chose en tant qu’ami.

Dans la première case, le fond noir inquiétant fait ressortir le personnage et les bulles. Le décor disparait, étant futil. Le personnage est au centre, dominant la page, mais restreint par la case.
Dans la deuxième case, Rik dépasse de la case, signifiant que rien ne l’arrête. Rik est également fortement éclairé de face, lui donnant de l’importance.
Dans la troisième, nous pouvons voir un portrait officiel coupé par la case, montrant les limites du roi. La lumière dans laquelle baigne Rik écrase l’ombre qui représente Kash-Kash, montrant que Rik domine la case et le roi.
Dans la quatrième case, les hachures semblent s’échapper de Rik, comme une aura inquiétante. Il y a un jeu de typographie dans la bulle. Ce que Rik entend est rouge et ce que dit vraiment le roi est noir. De plus, le personnage a le haut de sa tête dans l’ombre, démontrant de ses pensées sombres et le rendant inquiétant.
Sur toute la page, Rik est majoritairement à gauche et le roi à droite. Or, à de multiples occasions, Rik envahit l’espace du roi (Pied, quatrième case et main dernière case). L’action de Rik est le point de rupture : il tranche la page à l’horizontale.

Toujours la même idée que pour la planche 2, mais cette fois avec un autre personnage. Il me semble important de préciser que si le premier plan de la première case est de mon fait, ce n’est pas le cas du dernier plan. C’est un extrait de la BD des Légendaires. Le nouveau personnage ne m’appartient pas, mais ne vient pas du monde des Légendaires. C’est Neferet, le commanditaire de Rik.

Composition similaire à la planche 2, les mêmes principes pouvant être appliqués. La position de pouvoir, établie à gauche, est occupée par Neferet. Les forces s’inversent, il prend le contrôle de Rik et de la composition. Dans la première et deuxième case, Neferet est dans la lumière, dominant, et Rik dans l’ombre.
Dans la première case, Rik semble impuissant face à un décor bleu écrasant. Sur la gauche, on aperçoit clairement Neferet, qui ne se cache ni de Rik, ni du lecteur.
Dans la deuxième case, la bulle dépasse du cadre, similaire à Rik dans la planche 2, mais de manière plus subtile. Comme pour la première case, Neferet est dans la lumière, sûr de lui et allant droit au but.
Dans la troisième case, le fond est jaune, ramenant au côté « trésor » de la fiole et le matériau en verre le rendant fragile et précieux.
La case d’après est une action lente, accentuant le côté fragile, délicat et important. Les deux cases suivantes changent brutalement d’ambiance avec un rouge agressif, effectuant une rupture avec le bleu. C’est une impression de violence et de danger.
Dans la dernière case, Rik reprend sa place à gauche, mais le pouvoir et la domination restent avec Neferet, on peut le voir grâce à leurs expressions et plus précisément à la main de Neferet agrippant solidement le poignet de Rik. C’est également la lumière qui s’inverse, Neferet semblant plus menaçant, mais le reflet dans l’œil rappelant qui contrôle quoi.

J'ai réalisé ce dessin afin de sensibiliser les gens à l’effondrement de notre société et à l’urgence climatique.

L’horloge centrale représente le temps du monde, défilant à travers les époques. Celles-ci sont représentées par les nations surplombant l’horloge. Au début de l’heure, il n’y a que nature. Une grande forêt, avec de l’air pur et beaucoup de vie. Dans le premier quart d’heure, c’est l’apparition et la sédentarisation de l’homme. Le début d’une civilisation.
Dans le quart qui suit, nous entrons dans l’époque médiévale, avec une hiérarchie, d’énorme bâtiments et des champs à perte de vu. La nature est peu à peu remplacée par la cupidité de l’homme.
Au milieu du cadran, c’est le point culminant de la civilisation humaine. Des villes gigantesques, des gens entassés, une nature disparue et des nuages de pollution étouffants.
Le quart suivant, c’est l’effondrement, la société disparaît, tous se battent pour survivre. Les 1 % les plus riches se contentent de fuir ce qu’ils ont créés.
Le dernier quart d’heure est la fin de tout, une bombe nucléaire détruit les survivants et le reste de nature.
Puis, les arbres et l’herbe recommencent à pousser et un cycle reprend.
Sur cette illustration, les aiguilles représentent là où nous sommes en ce moment : dans le point culminant mais allant inexorablement vers l’effondrement.

Dans l’esprit de raconter la vie d’une personne à travers son apparence, j’ai utilisé les personnages d’une de mes vieilles histoires pour appliquer ce principe.

Dans l’histoire, chaque couleur de vêtements définit une caste à laquelle le personnage appartient.

Rocamblur : bleu, aventurier, violet, mage, gris citadin. Il est le leadeur, plus âgé et plus sage. Beaucoup de prestance. Des ornements attestant son importance. Un air assuré. Le plus responsable avec une sacoche. Les vêtements flottants puis ramenés à son corps parlent de sa liberté et de sa responsabilité vis-à-vis du groupe.

Anya : bleu, aventurière, noir, guerrière, orange, artiste. Dégradé montrant son caractère changeant. Tatouages importants dans l’histoire, directement reliés au fait qu’elle est une survivante de secte. Les bottes avec les ailes, car elle a pris son envol. Les quatre parties de sa coiffure pour les quatre parties de sa vie. Agile, hyperactive à travers sa silhouette élancée et ses mouvements précis.

Feuille : bleu, aventurière, verte, ethnel (elfe). Principalement des vêtements près du corps pour le côté proche de la nature. Cou et bras gauche couvert pour protéger ses arrières. Pieds nus pour lien avec la nature, toujours. Beaucoup de référence à son nom sur elle. Vêtements peu compliqués, car elle est quelqu’un de simple.

Dans l’esprit d’Arietty — le petit monde des chapardeurs —, je voulais inventer un bâtiment pour des êtres minuscules, ainsi que l'usage qu'ils feraient de nos objets.

J’ai décidé d’utiliser une botte imperméable d’extérieur pour la base, ce qui — je pense — serait un excellent abri dès que le haut serait bouché. Il y a plusieurs éléments de notre vie quotidienne qui sont détournés et réutilisés ici. L’arbre et les buissons sont à la proportion de la botte, mais une coccinelle est là pour l’échelle.

Petits éléments d’information pour avoir un vague aperçu de mon parcours.

Itinéraire d’une enfant gâtée

Élevée dans la grande ruralité de l’Armagnac noir — dit aussi « phare ouest de la Gascogne » — j’ai eu la chance d’être éveillée à l’art théâtral par la troupe amateur du village avant même de savoir lire. Cet environnement propice aux échanges culturels m’a conduite à un lieu unique en France (et hélas aujourd’hui disparu) : la Galerie bleue.
Dans ce collège-galerie d’art, j’ai eu accès à un enseignement et à des évènements artistiques sans commune mesure avec ce que je pouvais espérer trouver dans ma campagne reculée. À l’issue de mes années collège, j’ai bénéficié de tout le soutien de l’équipe pédagogique et de direction dans ma démarche de postuler dans l’un des trois seuls lycées de toute mon académie à proposer une seconde contingentée en Arts appliqués.

Terre d’exil… et d’exploration

Peu d’élèves de mon secteur ont la chance de pouvoir intégrer une filière contingentée… surtout à plus de trois heures de transports en commun. Les difficultés logistiques et le dépaysement d’une métropole régionale ne peuvent éclipser l’intense satisfaction que j’ai eue à rencontrer d’autres personnes qui partagent mes obsessions artistiques, de pouvoir enfin appartenir à un collectif où j’avais toute ma place.

Au delà de l’environnement scolaire, internet a aussi été une grande opportunité de ne pas être limitée par ma ruralité. J’ai pu intégrer des groupes de travail, de dessin, de création et de réflexion dont les membres pouvaient habiter un autre pays ou appartenir à une autre classe d’âge que moi. Cela m’a poussée à perfectionner mon anglais et à développer mes capacités en travail collaboratif.

Il est possible de suivre mes travaux actuels en ligne.